Dominique Wolton
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« Le vrai enjeu pour l’économie de l’audiovisuel est de savoir si l’Europe choisit la mondialisation ou la diversité culturelle. »
DW, Le service public, au-delà des vertiges de la technique et des marchés, Rapport pour l’Union européenne de radiodiffusion, mai 2006

Identité

Selon le Robert, l’identité est « le caractère de ce qui demeure identique à soi-même ». Cette définition cache en fait deux acceptions, que met en évidence P-J. Labarrière dans le Dictionnaire des notions philosophiques. « Caractère de ce qui est identique, qu’il s’agisse du rapport de continuité et de permanence qu’un être entretient avec lui-même, à travers de la variation de ses conditions d’existence et de ses états, ou de la relation qui fait que deux réalités, différentes sous de multiples aspects, sont cependant semblables et même équivalentes sous tel ou tel rapport ». L’identité culturelle désignera alors « le fait, pour une réalité, d’être égale ou similaire à une autre dans le partage d’une même essence ». La notion d’identité est utilisée aussi bien en psychologie qu’en anthropologie. Pour le psychosociologue Pierre Tap, l’identité personnelle concerne, en un sens restreint, « le sentiment d’identité, c’est-à-dire le fait que l’individu se perçoit le même, reste le même dans le temps ». En un sens plus large, elle s’apparente « au système de sentiments et de représentations par lequel le sujet se singularise. Mon identité c’est donc ce qui me rend semblable à moi-même et différent des autres ; c’est ce par quoi je me sens exister aussi bien en mes personnages (propriétés, fonctions et rôles sociaux) qu’en mes actes de personne (signification, valeurs, orientations). Mon identité c’est ce par quoi je me définis et me connais, ce par quoi je me sens accepté et reconnu comme tel par autrui ».

Pour l’anthropologie, Nicole Sindzingre écrit « la question de l’identité est inséparable de l’individuation, c’est-à-dire de « la » différenciation de classes ou d’éléments de classes de même niveau. Pour identifier un ou plusieurs êtres à d’autres, il faut bien les distinguer de tout ce qu’ils ne sont pas ; et à l’inverse, pour appréhender un être singulier, il faut bien supposer son identité historique ». En fait, l’identité est un concept qui permet de définir le résultat de l’activité de constitution du moi. L’identité est une synthèse du moi soumis à différentes aspirations et temporalités, à différentes stratégies et relations sociales. « L’identité est un système de représentations, de sentiments et de stratégies, organisé pour la défense conservatrice de son objet (le « être soi-même »), mais aussi pour son contrôle, sa mobilisation projective et sa mobilité idéalisante (le « devenir soi-même »). L’identité est un système structuré, différencié, à la fois ancré dans une temporalité passée (les racines, la permanence), dans une coordination des conduites actuelles et dans une perspective légitimée (projet, idéaux, valeurs). Elle coordonne des identités multiples associées à la personne (identité corporelle, caractérielle ... ) ou au groupe (rôles, statuts... ) ». Tous ces éléments de définition renvoient pour l’essentiel à une dimension individuelle de l’identité. Le passage à l’identité collective étant justement un des problèmes auquel la sociologie ne peut apporter de réponse claire.


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