Dominique Wolton
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« La traduction, c’est le passeport pour accéder à l’autre. »
DW, Traduction et mondialisation (vol. 2), revue Hermès n° 56, 2010

Identité culturelle collective

Au cours de son développement, l’homme, à travers la pensée et le langage, s’approprie et incorpore les normes, les valeurs et les représentations de la culture de son milieu. Il se construit ainsi une identité culturelle, partagée avec les autres membres de son groupe. C’est l’identité culturelle collective qui n’est jamais statique.

Chaque individu se caractérise ainsi par plusieurs appartenances simultanées et successives. La généralisation de la communication change la problématique de l’identité culturelle collective, en favorisant les échanges et les emprunts mutuels, mais aussi en renforçant le besoin de préciser son identité par rapport aux uns et aux autres. Dans un monde ouvert, chacun veut garder ses racines, ce qui est évidemment encore plus difficile pour les petits pays.

En 2003 dans L’Autre Mondialisation, j’ai distingué deux dimensions dans la défense de l’identité culturelle :

– l’identité culturelle refuge réagit de manière défensive à une menace sur la langue, la mémoire, les symboles, les représentations, les pratiques culturelles, etc. Elle est en général hostile à autrui et nourrit les exclusions, les populismes, voire les racismes. La mondialisation par sa déstabilisation, renforce cette identité culturelle refuge ;

– l’identité culturelle relationnelle inscrit cette défense de l’identité culturelle dans le cadre de la communauté internationale, sans néanmoins abandonner ses revendications identitaires. Elle essaye de faire cohabiter respect des identités culturelles et respect de l’universalité.


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